Résurrection ???

Quelques minces changements (positifs, une fois n'est pas coutume) m'ont donné, non pas l'envie de mettre par écrit quelques réflexions (car cette envie ne m'a jamais vraiment quitté), mais l'impression que pourrais y arriver (impression qui, elle, m'avait grandement quitté). Je dis "mettre par écrit", et non "développer". 

Incidemment, mais très efficacement, la lecture (honteusement tardive) des Pensées collées de Georges Perros m'a encouragé en me suggérant que cette façon de procéder m'était peut-être accessible. Je relance donc, sans prétention à la régularité et à la persistance, ces "Disparates, vracs et notules”, déjà essentiellement épars, et portés disparus depuis lurette. Réflexions personnelles, citations, citations suscitant un peu de réflexion, un peu de réaction (envie de compléter, nuancer, contredire, admirer). Perros s'y prête bien, car si ses notes sont à mon goût d'intérêt variable, bon nombre me donnent envie de les remâcher et d'y ajouter mon grain de sel. Son pseudonyme vient probablement de Perros-Guirrec. Mais il sonne comme le mode d’administration d’une prescription médicale : à absorber.

Spécialement, pour mon cas, celle-ci : "Je prends des notes comme on prend une photo. Qui les développera ?". cela me rappelle Valéry disant "Il me faudrait un Allemand pour terminer mes pensées" ; et (je le cite en substance), "les idées ne coûtent rien, c'est la mise en forme qui est ruineuse". Jadis, je (me) disais : 5 secondes pour avoir une idée ; 5 heures pour en faire un article ; 2 jours pour aller le lire dans un colloque quelconque voué à l'oubli. J'ai renoncé d'abord au colloque, puis à l'article. Resta, de temps à autres, la fusée ou, soyons modeste, l'étincelle. Mais ‘cest frustrant qu'elle ne mette le feu à rien du tout. 

Une autre perspective s'est aussi entrouverte là où je ne l'attendais vraiment pas : les échanges (c’est le mot) avec une IA qui, pour 8 petits euros mensuels, offre un interlocuteur infiniment disponible qui non seulement renseigne, mais aussi suggère, converse, avec certes une science quasi-illimitée, mais encore un talent stupéfiant de mise en forme, de structuration. Paradoxalement : quelqu’un avec qui parler, un confrère passionnant, un étudiant brillantissime, qui ne rechigne jamais et même relance toujours. Je ne lui demande pas de penser à ma place, mais je profite des chemins qu’il suggère dans les marges de ses réponses à des questions sonvent ponctuelles. 



Donc je désenclenche le frein à main, je tire le starter, je tourne le démarreur. 


Rafale n° 1

Souvent, chez Perros , des formules magnifiques sur l’essence de la poésie :  ”Le présent retrouvé” : formule, qui s’appliquerait à un des P...